Les soldes font-elle toujours l’unanimité ? Pas si sûr. A la veille du lancement de cette traditionnelle période de promotions, les prévisions sont à nouveau à la baisse : 46% des Français annoncent d’ores et déjà qu’il n’y participeront pas (contre 39% en 2016) malgré la surenchère des rabais. A la lassitude des consommateurs face à l’avalanche continuelle d’opérations commerciales s’ajoute une sensibilisation croissante à l’impact social et environnemental de nos achats. La mobilisation de plus de 5000 personnes en quelques jours pour participer au défi “Rien de neuf ?” illustre bien ce phénomène.

 

Les soldes ont-elles encore un sens ?

C’est une double crise de sens qui semble s’amorcer. En cause : les promotions perpétuelles tout au long de l’année, qui créent un sentiment de “ras-le-bol” parmi les clients cibles de ce matraquage marketing permanent. Les opérations “Black Friday” ont sans doute joué un rôle de repoussoir : l’Observatoire Société et Consommation note que ce phénomène commercial est “arrivé de façon extrêmement agressive et très cash dans le discours”. En témoigne également le succès de la campagne “Le Black Friday, ce sera #SansMoi” menée par Zero Waste France en novembre dernier.

 

Ces opérations successives nourrissent aussi une certaine suspicion auprès des consommateurs. Pour ceux qui doutent désormais de l’existence réelle de “bonnes affaires”, les soldes n’ont plus autant de sens qu’il y a quelques années. Les questionnements sur la réalité des rabais peuvent mener à d’autres interrogations, d’ordre social ou environnemental. Lorsque les prix varient du simple au triple d’une semaine à l’autre, on finit par ne plus savoir quelle est la vraie valeur des objets que l’on achète. Et qui paie ces prix cassés en fin de compte, si ce ne sont pas les clients ? Les travailleurs, au travers de conditions de travail dégradées et parfois dangereuses (rappelons-nous du Rana Plaza) et, à coup sûr, la planète. Les soldes sont en effet un destockage massif, rendu nécessaire par un système de production, distribution et marketing qui oblige à ce que les rayons des magasins soient toujours pleins et renouvelés en permanence. Cette surconsommation est intenable : la consommation de chaque Français représente 12 tonnes de matières, soit 3 fois plus que ce que la planète peut nous offrir.  

 

Moins de neuf pour plus d’emplois

Pour réduire de manière drastique cette consommation de ressources, sans pour autant bouleverser complètement son mode de vie, on peut se tourner vers l’achat d’occasion, la location, l’emprunt, le don. C’est l’engagement qu’ont pris les personnes inscrites au Défi “Rien de neuf ?” en 2018. Les participants témoignent de motivations “anti-gaspi” mais sont aussi nombreux à vouloir soutenir un autre type d’économie, plus créatrice d’emplois de qualité. Rappelons que le secteur de la réparation compte à lui seul plus de 150 000 emplois en France, et un rapport remis il y a quelques mois à la Commission Européenne évaluait son potentiel de développement à 200 000 nouveaux emplois en Europe.

 

Pour aller plus loin :

2 Commentaires

  1. Bonjour,
    je suis entièrement d’accord avec ces arguments et compte bien m’abstenir!
    juste un détail: solde est au masculin si si! (sinon la solde du soldat!)
    cordialement

  2. Bonjour à tous,
    Pas de soldes non plus pour moi! Et marre de leurs pubs à la radio etc !!
    Je passe depuis un certain temps par emmaus et lbc !

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